Agatha

agatha

De Marguerite Duras

Mise en scène : Daniel Mesguich
Assistante : Charlotte Popon

Avec : Sarah Mesguich, Charlotte Popon & William Mesguich

Lumières : Eric Pelladeau
Costumes : Sarah Ferrier
Bande son : Vincent Hulot

L’HISTOIRE

L’inceste ne peut être vu du dehors. Il n’a pas d’apparence particulière. Il ne se voit en rien. Il en est de lui comme la nature. Il grandit avec elle, meurt sans être jamais venu au jour, reste dans les ténèbres du fond de la mer, dans l’obscurité des sables des fonds des temps. De toutes les manières ou les formes de l’amour et du désir, il se joue. De toutes les sexualités diffuses, parallèles, occasionnelles, mortelles, il se joue de même. De son incendie il ne reste rien, aucune scorie, aucune consommation, après lui la terre est lisse, le passage est ouvert. Ainsi passe par un après-midi de mars un jeune chasseur qui remonte le fleuve alors que les pousses de riz commencent à jaillir des sables. Il regarde une dernière fois sa soeur et emmène son image vers les grandes cataractes du désert.

Marguerite Duras

NOTE DE MISE EN SCÈNE

Deux jeunes gens, un homme et une femme, se retrouvent une ultime fois dans ce qui reste une villa déserte au bord de la mer. Agatha est le nom de cette villa. C’est le nom, aussi, de la jeune femme. Et celui, encore, de leur attachement, et de leur arrachement l’un à l’autre : car ils ne se retrouvent que pour se séparer à jamais.
Agatha, oui, est le nom, dur et brillant comme la pierre, d’un cri. Le cri patient d’une douleur interdite. Ce qui se dit entre eux ne se dit pas. A peine cela se laisse-t-il entendre. Pourtant rien, ici, n’existe hors de ce qui se dit. C’est que ce qui se dit n’aura été traduit que du silence.
Deux comme un seul. Ils sont frère et soeur. Ils sont l’un devant l’autre, l’un à côté de l’autre, chacun est l’autre, mais ils ont l’air de s’attendre. De la seule attente digne de ce nom, celle qui n’espère pas. Agatha a la radicalité d’une tragédie grecque. Celle d’une tragédie racinienne, aussi : unité de temps, de lieu, d’action, comme un éblouissement intérieur. Il fallait, pour jouer cette partition, deux acteurs amoureux de l’écriture, et qui sachent jouer de celle, simple et difficile, de Marguerite Duras. Il fallait qu’ils soient le plus différents possible en même temps que le plus « mêmes ».

J’ai choisi William et Sarah, qui sont frère et sœur dans la vie. C’est donc, aussi, une intimité qui va se donner à lire ici, à travers les lignes éblouissantes de la grande Duras.

Daniel Mesguich

GALERIE PHOTOS

DOCUMENT

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